Colette Leclercq

Colette Leclercq

MILAREPA ET MOI (8)

Milarepa et moi (8)

 

18 juin 2010

Je retrouve à nouveau Milarepa près de la haie.

Immédiatement je me concentre sur ma gorge parce qu’elle m’appelle. Je vois le changement par rapport à ma peur de parler. J’ose être moi-même de plus en plus, quelque chose s’est libéré et je me sens plus libre.

Milarepa me propose de travailler à nouveau sur la peur de la liberté à nouveau (et oui ! Paris ne s’est bâtie en un jour !).

Une énergie est présente sur le thymus. Cela me fait penser à une hydre comme j’en ai eu une fois dans un aquarium, blanche et très fine, mais redoutable tueuse !

Je comprends qu’elle symbolise la peur d’être envahie parce que j’ai du mal à dire stop ou non. Si je suis comme ça c’est à cause d’une peur de blesser et d’être rejetée parce que je mets des limites. Alors les têtes de l’hydre peuvent puiser dans mon énergie vitale et me dévorer doucement…Mais c’est moi et moi seule qui ai donné naissance à l’hydre, c’est une porte d’entrée pour l’énergie envahissantes et dévoreuses. ça c’est quand même considérablement arrangé depuis quelques années mais il reste encore du travail !

Milarepa prend la parole :

« L’éducation chrétienne est pour beaucoup dans ta peur de blesser et d’être rejetée. C’est aussi l’éducation que les mères ont transmise de génération en génération à leurs filles, à savoir d’être au service sans rechigner et d’être « gentilles » qui en est responsable, plus encore, sans doute !

Blesser autrui : nul n’est blessé que celui qui le veut ! Tu ne peux blesser personne, tu ne fais que réveiller quelque chose qui lui appartient si elle est touchée. Sinon les mots glissent tout seuls et sont entendus.

Etre rejetée : tes mémoires d’abandon et de rejet sont encore actives. En quoi est-ce important de ne plus voir quelqu’un, de ne plus être reconnu(e) par une personne ? Si cette personne à qui tu as osé dire ta vérité te tourne le dos, ça lui appartient, c’est son histoire, pas la tienne. As-tu peur d’être seule ? »

- Oui.

« Regarde autour de toi, ne vois-tu pas toutes les personnes qui t’entourent ? As-tu réellement manqué d’amis toute ta vie ? »

- Non, j’en ai eu beaucoup qui se sont succédés au fil du temps.

« Alors ! Fais confiance à ce que tu ressens et dis ce que tu as à dire. Si tu te laisses dévorer, il ne restera rien de toi.

Poser des limites et savoir dire non sont deux clefs essentielles d’un destin bien conduit. Vous avez tous besoin de délimiter votre terre intérieure.

Nul n’a le droit de violer votre territoire. Il est juste de dire non, de refuser. Par exemple, si votre mère débarque chez vous n’importe quand, sans prévenir, en se mêlant de votre vie de surcroit, ce n’est pas juste ! Vous êtes adulte, votre maison n’est pas un espace public. A vous d’ouvrir ou non votre porte et de vous garder d’obéir aux manipulations diverses. Fixez des règles et soyez fermes sur vos décisions. En faisant cela vous rendrez service !

Quand je dis « Fixez des règles », j’entends que vous le fassiez depuis votre centre, votre cœur et non avec vos peurs !

Ecoutez dans votre cœur ce qui est juste ou ne l’est pas. Plus vous serez juste, plus vous oserez vos limites dans l’amour, plus vos refus seront entendus. Si vous dîtes non dans la colère, vous provoquerez de la colère. Si vous dîtes non en argumentant votre réponse de quelques mots signifiant ce que vous vivez et non ce que l’autre vous fait (je vous rappelle qu’il ne vous fait rien !), tout se passera mieux.

Le but d’une vie c’est de vivre l’Amour, vous le savez. L’Amour se cache partout même sous un tas de fumier. Débusquez-le dans toutes les circonstances et laissez-le s’exprimer.

Vivre libre, réellement libre, suppose d’être tout amour. Pas de liberté sans cela, juste une fuite…Certains disent qu’ils ont réglé leur problème en s’éloignant d’une personne avec laquelle ils étaient en mauvaises relations, mais gardent sur l’estomac des heures entières de conversations qui les maintiennent prisonniers. S’ils avaient compris et pardonné, les conversations ne viendraient plus les hanter. Ils seraient libres effectivement.

Rien de sert de fuir, il faut faire face et rayonner amour et compréhension. Cela ne se fait pas en un jour, je l’ai déjà dit, mais petit à petit. En regardant vos fonctionnements, vous allez pouvoir les corriger pour avancer dans la liberté d’être, la liberté de vivre une vie qui vous convient et avec qui vous voulez, je devrais dire : qui vous aimez ! »

Je regarde mon thymus en disant à voix haute :

- Je délimite mon territoire privé, je dis non aux envahisseurs qui se nourrissent sur moi. Je n’ai plus besoin de l’hydre. Je m’en libère.

Je l’attrape avec ma main et l’envoie dans le soleil.

Milarepa a préparé une sorte de pique nique…Mais ce ne sont pas des aliments qui le composent, on s’en serait douté, ce sont des symboles… Je comprends que je vais les intégrer au fil du temps. Ils sont à ma disposition. Je prends celui qui concerne la méditation d’aujourd’hui, c’est une clé. Elle est dorée, magnifiquement ciselée d’un phénix remarquable.

La clé prend place sur le thymus et je me sens apaisée. Mon énergie semble plus dense. A moi de faire attention, à moi d’oser dire stop et poser mes limites.

« Oui, reprend Milarepa. Il ne suffit pas de faire un travail libérateur, il faut vivre dans la conscience afin d’identifier les pièges qui se reforment et nous incitent à réagir avec l’ancienne personnalité ! Vigilance, conscience, amour… A cultiver ! »

Un groupe de cygne adultes passent au-dessus de nous et Milarepa s’élève avec eux.

Merci !



20/06/2010
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